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Dans le cadre d'un travail sur la violence, je partage avec vous mon avis sur les questions posées. Pour vous aider à comprendre, mais surtout, dire que même si le chemin de la reconstruction n'est pas un long fleuve tranquille, il existe. Une chose est certaine, pour faire diminuer les chiffres de la violence, nous avons tous un rôle à jouer.
 
Quelles sont les étapes de la reconstruction d'une victime de violence conjugale ? 
D'après mon analyse et mon expérience, je pense qu'il y a trois étapes :
 
1. le juste après : la personne se replie sur elle même, doit faire son deuil d'une relation qui n'a pas abouti, se mettre à l'évidence qu'elle n'a pas fait le bon choix, ce qui est très difficile et comme les gens ne comprennent pas toujours, la personne cherche à s'isoler. C'est la période la plus difficile et c'est durant cette période que la personne a le plus de risques de rechuter et retourner chez son bourreau car la victime pense qu'elle ne pourra jamais arriver à avancer seule. Elle manque d'énergie parfois, a du mal à faire des projets. La victime éprouve beaucoup de colère, de haine, de frustration,... Elle a envie de crier sa rage, ou de l'écrire.
La durée de cette période dépend des violences subies et peut être très courte ou très longue. C'est durant cette période aussi que certaines maladies peuvent apparaître et que la prise d'antidépresseurs est la plus importante. L'entourage va avoir un rôle très important à jouer pour aider cette personne a retrouver le chemin de SA vie, sans jugement de valeurs. Une écoute respectueuse est pour moi le meilleur remède. Elle a besoin de parler, poser ses valises trop lourdes.
 
2. La reconstruction : c'est la période durant laquelle la victime va commencer à refaire des projets, vouloir reconstruire sa vie. Mais elle est encore très fragile, elle doute parfois mais elle a envie d'aller de l'avant. Durant cette période la victime ne souhaite plus parler de son passé, ou très peu. La peur de rechuter est bien présente et c'est encore trop douloureux. Elle ne veut pas regarder en arrière et se lance dans des projets (études, formation, voyage à l'étranger, ...) pour avancer, vite, loin, très loin de ce passé de violence. Les risques de retourner vers le bourreau sont réduites mais pas inexistantes.
Cette période est la plus longue. Elle dépend souvent du nombre d'années durant lesquelles la victime a connu la violence. Elle peut ne jamais finir mais permettre tout de même à la victime de reprendre une vie normale.
La victime éprouve des regrets, de l'amertume, de la tristesse,...
 
3. La résilience et l'aide aux autres : dès que la victime peut commencer à parler de son passé, que ses sentiments sont plus apaisés, on peut dire qu'elle entre dans la période de résilience. La victime n'éprouve plus de colère, la haine l'a quittée et elle est à présent habitée par des sentiments de solidarité. Elle a envie d'aider les autres. Elle a repris confiance en elle, grâce à la réussite de projets qu'elle a entrepris ou d'une relation qu'elle a entamée. Elle se sent plus forte et voit désormais la vie avec beaucoup de sérénité  Elle affronte les difficultés de la vie plus facilement et devient une preuve vivante de "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort"
Elle éprouve désormais de la tendresse, a envie d'aimer, de nouer de nouvelles amitiés, rêve, s'intéresse à plein de choses (art, musique, livre,...) a envie d'écrire, peindre, lire,... ses journées sont trop courtes pour accomplir tout ce qu'elle souhaite.
 
Y a t il une réparation au niveau psychologique, sociologique, économique de la victime après la procédure judiciaire?
Toujours d'après mon expérience personnelle, mais aussi avec les victimes dont je m'occupe, se sentir reconnue en tant que victime, notamment par la justice, est important pour la victime. Mais ce n'est pas l'unique élément qui permet la reconstruction d'une victime. La plupart des ingrédients nécessaires à sa reconstruction se trouvent en elle et dans l'entourage. Pour se reconstruire, la victime a besoin de reprendre confiance en elle, prendre conscience que si la relation n'a pas abouti, ce n'est pas de sa faute mais bien de l'attitude du bourreau. C'est le déclic.
J'ai coutume de dire que la plus belle victoire pour une victime est de redresser la tête et faire à nouveau des projets d'avenir. Certaines usent une énergie incroyable à vouloir la condamnation des auteurs et sont persuadées que lorsque la justice aura fait son travail, elles iront mieux. Hélas, ce n'est pas toujours le cas et tout reste à faire. Mais le temps a été perdu. Je préconise donc de démarrer, en parallèle à la justice, sa propre reconstruction et ne pas tout miser tout sur le travail de cette justice qui comme on le sait, n'est pas toujours juste et équitable. Sans oublier que la condamnation est rarement proportionnelle à la souffrance vécue.

La victime et l'auteur d'infraction de violence ont-ils une personnalité spécifique ?
Même s'il y a toujours des cas particuliers, on s'aperçoit que les victimes de violence sont souvent des personnes qui ont connu la maltraitance dans l'enfance (violence, abus sexuels, manipulation,...) ou sont issues d'un foyer où régnait déjà la violence. Mais je refuse la fatalité qui est de dire, on reproduit ce qu'on a connu. Je veux appuyer la thèse qu'on a le choix.
Quant aux auteurs de violence, il semble qu'il s'agisse de personnes ayant connu une enfance "d'enfant roi", une éducation dans laquelle on ne refuse rien, où l'enfant prend doucement le contrôle. A l'heure de notre société où tout le monde court après le temps, beaucoup de parents démissionnent et préfèrent éviter les confrontations. Le "oui" à tout ou presque devient la règle mais n'aide pas ces enfants, ados et futurs adultes.  Arrivés à l'age adulte, ils ont beaucoup de mal a accepter qu'ils ne peuvent plus tout contrôler, qu'on leur refusent certaines choses. Ils vont tout faire pour reprendre le contrôle : manipulation, violence psychologique et ensuite physique. Dire non a ses enfants de temps en temps est sain pour eux et leur avenir.
Bien entendu, tout comme pour les victimes, il existe des cas spécifiques qui n'entrent pas ces schémas.
 
Est ce que le vécu de chacun influence indirectement ce qu'il le reproduit dans le couple ?
Le vécu a toujours une influence sur nos relations. Y compris dans le couple. Comme expliqué dans la question précédente, on a tendance a reproduire ce qu'on connait car on pense que c'est la règle. C'est ici que la société, l'éducation, les médias, les parents doivent agir ensemble pour casser ce tabou, cette réalité qui  est cruelle. Il faut dire à ces enfants de couples où règnent un climat de violence que ce n'est pas normal, qu'ils ne doivent pas reproduire ce qu'ils vivent. Cela fait aussi partie de mon combat lorsque je vais dans les écoles. Apprendre à ces jeunes ce qu'est l'amour, un couple durable a toute sa raison d'être. Leur dire simplement que le bonheur, c'est avant tout le respect dans ce qu'on est, ce qu'on dit et ce qu'on veut être.

Betty Batoul

Quitter une relation de violence implique un deuil

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